Réouverture du cinéma la Fourmi !

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Créé en 1914 par Jules Melchior Pinard, qui exploite alors deux autres cinémas sur Lyon, le Berthelot (actuel Comœdia) et le Saxe (actuel Théâtre Tête d’Or), le cinéma la Fourmi est devenu avec le temps l’une des plus anciennes salles de Lyon. Il s’appela d’abord le « Lafayette » et comportait une salle unique de 200 places. Il fut rebaptisé ensuite le Miracles de 1934 à 1935, puis le Caméo en 1936, avant de prendre le nom de la Fourmi à partir de 1937, en écho à la salle municipale de la Cigale (aujourd’hui Théâtre Tête d’Or), située à deux pas de là, à l’angle du cours Lafayette et de l’avenue de Saxe.

Dès l’avant-guerre, dans le paysage actif des cinémas lyonnais (on compte alors plus de 70 salles), la Fourmi se distingue par sa programmation en proposant aux spectateurs lyonnais de voir les films en version originale. Cette singularité, qui séduit un large public, entraine une certaine notoriété de l’établissement et en fait un lieu différent des autres cinémas de la ville.

À partir de 1950, et jusqu’en 1973, une nouvelle exploitante arrive. Elle s’appelle Renée Michaudon et permet à la Fourmi de conserver son statut de cinéma atypique, qu’elle renforce par l’ajout du label « art et essai », lorsqu’il est créé dans les années 50.

En 1972, alors que de nombreuses salles de quartier de Lyon issues des années 1930 à 1960 ferment leurs portes, souvent en raison de leur vétusté, un arrêté préfectoral suspend les activités la Fourmi pour des raisons de sécurité.

Cela ne sera que provisoire car, en 1974, François Keuroghlian rachète l’établissement et le spécialise dans la reprise des films en deuxième vision. Le cinéma compte alors 90 fauteuils et réalise 1100 entrées pour sa première semaine d’exploitation avec le film de Marcel Carné Les Enfants du paradis.

En 1977, François Keuroghlian procède à une première restructuration importante du site en créant deux autres salles. Sous la houlette de François Keuroghlian, la Fourmi connaît pendant près de trente ans le succès d’une salle de qualité, alternant sorties de films, continuations et reprises, lorsque les films quittent les autres écrans de la ville. Aux côtés des salles CNP, qui naissent à la fin des années 70, la Fourmi survit de belle manière par la construction d’un public fidèle auquel sont proposés de façon régulière les films art et essai les plus marquants de la saison.

A la fin des années 2000, l’arrivée du numérique oblige François Keuroghlian, toujours propriétaire et animateur du lieu (qu’il exploite en indépendant depuis trois décennies, faisant à l’occasion office de directeur-programmateur-contrôleur-projectionniste) mais dont l’heure de la retraite approche, à interroger l’avenir. Il ne peut se résoudre à accepter que nul ne lui succède et que la Fourmi ferme à son tour ses portes. Pourtant, une totale rénovation technique s’impose, de gros travaux sont nécessaires, rendus obligatoires par l’arrivée du numérique.

Le 30 septembre 2012, la salle cesse son activité.

François Keuroghlian contacte alors l’Institut Lumière afin de l’aider à ce que son cinéma puisse continuer d’exister malgré son départ. Après diverses consultations, l’Institut Lumière accepte le principe de racheter le fonds de commerce et de reprendre les salles. L’année suivante est créée une société commerciale destinée à acquérir et exploiter le lieu, baptisée Cinémas Lumière.

Les travaux commencent à la fin de l’année 2014 et s’achèvent fin juillet 2015.

La salle rouvre ses portes le mercredi 9 septembre 2015.

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